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Poussière Fantôme dans la revue Solaris

La revue Solaris (Science-Fiction et Fantastique) propose dans son dernier numéro, une très belle chronique de Poussière Fantôme le nouveau roman d’Emmanuel Chastellière. Signée Jean-Pierre Laigle !

« Il n’est pas si courant de voir un auteur canadien, même d’expression française, publié en France. Qu’importe qu’il se soit établi au Québec il n’y pas si longtemps: E. Chastellière a tout l’air de s’être acclimaté à sa nouvelle patrie – au point d’en faire la publicité touristique? L’action se passe en effet intégralement à Montréal et à Québec et dans le fabuleux teuf-teuf qui mène sa course endiablée entre les deux, sans doute le plat de résistance de ce roman de Fantastique rationalisé qui n’aurait pas déshonoré la défunte revue états-unienne Unknown. Enfin, s’il est écrit dans un français standard, les dialogues y sont piquetés de québécismes – mais pas trop hermétiques au lecteur français: pas question que cette promenade le décourage de visiter des lieux, généralement inconnus de lui, de la Belle Province. Ainsi l’auteur se complaît-il à lui en donner une vision, tantôt réaliste, tantôt volontairement fantasmée pour les besoins de la cause. De l’exotisme à sa portée…

Archibald est guide touristique à Montréal. Mais surtout il a le don de voir les fantômes des défunts hantant encore la ville. Il en profite d’ailleurs pour en faire ses complices et donner quelques frissons bon marché à ses clients. Ainsi a-t-il a-t-il lié connaissance avec Elizabeth McKenzie, jeune scientifique de génie morte en 1917 dans l’explosion de sa machine  alors qu’elle tentait d’ouvrir un passage vers une autre dimension. C’est la substance du premier chapitre qui sert de prologue. Elle a en fait seulement accédé au Seuil, où est resté bloqué son amant qu’elle a entraîné dans cette expérience. Cette zone intermédiaire, où se dissolvent la plupart des spectres, est envahie de poussière fantôme, « cette matière brute des spectres encore gorgée de souvenirs, de regrets et de colère. » Mais c’est aussi le tremplin dont veut se servir Chgzgaadezor, entité maléfique immémoriale, pour déborder sur le monde et le dominer. La nuit d’Halloween est idéale.

Le roman conte cette tentative – avortée mais de peu. D’abord dans le tunnel où s’engouffre le train des fêtards. Chgzaadezor altère la réalité et cause la panique avec une bande d’anciens Amérindiens cherchant Archibald et surtout Elizabeth, détentrice de documents susceptibles  de redémarrer sa machine et rouvrir la porte inter-dimensionnelle. À Québec, le petit guide réalise le danger et riposte avec elle, son amie Esperanza qui voit aussi les fantômes, la société secrète des Guetteurs, une déité sumérienne récemment évoquée et une troupe de soldats du XVIIème siècle, matérialisés ainsi que les boulets des canons de la Promenade des Gouverneurs. Ce joyeux méli-mélo, qui parodie un peu H.P. Lovecraft et se clôt par la chute d’un zeppelin, manque certes de rigueur mais atteint parfaitement son but: distraire sans temps morts et sans prétentions. Une suite semble s’annoncer avec pour cadre un autre lieu de la francophonie américaine: la Louisiane. »

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