L’interview de Marie Pavlenko

couverture Le livre de Saskia tome 1

Merci à Marie Pavlenko d’avoir répondu à nos questions à l’occasion de la sortie du dernier tome des aventures de Saskia, Enkidare !

 

Quelles surprises nous réserve le tome 3 ?

Ouh la ! Plein ! Bien sûr, je ne dois rien dévoiler, mais chacun prend sa place et on découvre enfin le comment du pourquoi. Il y a aussi des voyages, des alliances, des traîtres et de nouvelles figures. Reste à démêler tout ça et à savoir qui est qui…

Qui est Saskia, quel est son rôle ? Comment la présenteriez-vous aux lecteurs qui ne la connaissent pas ?

Saskia est une jeune fille de 18 ans (au début du tome 1) promise à un avenir plutôt lourd à gérer, au sein d’un peuple qu’elle découvre brutalement au premier tome de la série. Elle est courageuse, plutôt naïve au départ, ancrée dans ses certitudes et son petit monde bien rôdé (sa mère adoptive, son chien), monde qui va s’écrouler avec fracas lorsqu’elle rencontre un garçon et une fille… Ce que j’aime, chez elle, c’est qu’elle n’est pas cruche. Elle se débat. Parfois, elle assure, parfois, elle se trompe, elle se fâche, elle a peur, elle est jalouse, elle réagit devant l’inconnu comme elle peut, elle est inconsciente, elle se bat pour avancer, elle lutte pour ses proches, pour ses idéaux, pour ses croyances, elle aime, elle tisse des liens, elle se fait des amis, elle doute et elle affronte la douleur, la perte, les surprises bonnes et mauvaises. Bref, elle ressemble à une fille de 18/19 ans du XXIe siècle.

On peut dire aux lecteurs que Saskia voyage beaucoup au cours de ce dernier épisode : pouvez-vous nous en dire plus sur vos propres expériences avec les pays qu’elle traverse : la Jordanie, le Vietnam, l’Islande ?

Oui, le tome 1 s’inscrit dans des rails : Saskia évolue dans son univers, familier, et c’est là que les choses se trament (sauf à la fin…). Le tome 2 est un huis-clos. L’endroit est un poil étouffant, et retranscrit en réalité le ressenti profond de Saskia : qui étouffe ! Dans le tome 3, Saskia s’ouvre au monde et s’assume. Elle voyage. J’ai vécu un an en Jordanie, donc c’est un pays que je connais bien. J’ai dû aller une bonne trentaine de fois dans le Wadi Rum… J’ai passé un mois au Vietnam, et je décris des endroits dans lesquels je me suis rendue. Quant à l’Islande, j’ai décidé d’y aller une semaine l’été dernier car je savais déjà que Saskia irait là-bas. J’ai pris des notes, des photos. Mon objectif est de faire en sorte, sans assommer avec des descriptions à rallonge, que le lecteur y soit aussi…

Dans le troisième tome, il est beaucoup question de la relation de Saskia avec ses parents. En quoi cela a-t-il été important pour vous de traiter cette question à la fin de la série ?

Un jour, un psy que j’interviewais m’a dit ceci : « On est adulte le jour où l’on pardonne leurs erreurs à nos parents, où on les accepte tels qu’ils sont, avec leurs défauts, et où l’on fait son deuil des parents idéaux ». Je crois que c’est ce que fait Saskia : elle fait le point. Saskia a besoin de les connaître pour se trouver. Par ailleurs, il y a aussi cette métaphore : elle va s’occuper de ses parents… Je ne peux pas en dire beaucoup plus, mais c’est aussi ça, l’âge adulte : on passe de l’enfant dont les parents se sont occupés, à l’adulte qui s’occupe de ses parents vieillissant… :) Bien sûr, on est dans la fantasy, dans le récit haut en couleur, et il n’y a aucun Alzheimer à l’horizon, mais je crois qu’il y a de ça aussi, dans le cheminement de Saskia.