L’interview de Gabriel Katz pour sa trilogie Le Puits des Mémoires

Gabriel Katz est un nom de plume. Est-ce vous qui l’avez choisi ? Pourquoi ce nom là et pourquoi un pseudo ?

Pour partir de zéro dans un univers tout neuf ! Je suis auteur au sens très large du terme : livres, BD, télé… Je ne voulais pas mélanger les genres, d’autant que le Puits des Mémoires est mon premier roman (j’en ai écrits beaucoup, mais pour des auteurs connus).
Quant au nom, je l’ai simplement choisi… parce que je l’aime bien.

Le Puits des Mémoires est une trilogie. Pouvons-nous espérer des préquelles ? Ou des romans sur les personnages secondaires de la série principale ?

Pourquoi pas ! Le monde – dont on n’a encore qu’un petit aperçu dans le tome 1 – est assez vaste pour donner lieu à de nombreuses histoires parallèles…Tout dépendra de ce que les lecteurs auront aimé. C’est la magie de la fantasy : tout est possible… même ressusciter les morts (mais je vous dis tout de suite : personne ne sortira de sa tombe pour un spin-off).

Le Puits des Mémoires est centré sur les trois personnages principaux Olen, Karib et Nils. C’est une formule peu commune et originale. Pourquoi avoir choisi un trio de personnages principaux ?

Chacun d’eux a une vision très différente des choses. La même scène vue par les yeux de Karib, Nils ou Olen pourrait presque être écrite trois fois ! C’est amusant pour moi – et j’espère pour le lecteur – de voir le monde à travers trois prismes, et d’entrer dans trois peaux différentes…
Ils sont aussi complémentaires, et pas dans le sens classique (mage, guerrier, voleur). Ce qui compte, c’est leur personnalité… et surtout ce qu’il y a derrière leur mémoire perdue.

Quel est votre personnage préféré (entre Olen, Karib et Nils) ? Pourquoi ?

Demandez à un parent de désigner son enfant préféré, il vous répondra « je les aime tous » ! J’ai beaucoup de plaisir à me glisser dans leurs bottes à tour de rôle. Mais comme au fond, on a toujours un préféré, je dirais Nils…
Parce qu’il est plus complexe à mettre en scène, contrairement aux apparences. Parce qu’il est le moins à l’aise dans sa nouvelle personnalité, et qu’il fait des efforts surhumains pour être comme tout le monde…

Quel est votre personnage secondaire préféré ? Pourquoi ?

J’ai une certaine tendresse pour Oranie. Contrairement aux archétypes (la princesse évanescente, la magicienne surdouée, la voleuse ninja/sexy), c’est une fille normale, pas particulièrement belle, qui doit se battre pour arriver à ce qu’elle veut. Il y a un côté « vrai » chez elle…

Vos personnages prennent-ils les traits (physique et de caractère) de gens que vous connaissez ? Si oui, pouvez-vous nous donner un exemple ?

Non, et pour cause : ils sont tous imaginaires – ce qui n’empêche pas le lecteur d’y voir sa tante, son boss ou François Hollande si le cœur lui en dit…
Faire vivre des gens que je connais serait terriblement réducteur, j’aurais l’impression de devoir leur être « fidèle ». Mais il m’arrive d’emprunter des traits physiques à de parfaits inconnus… Si on s’est un jour croisé dans le métro, vous êtes peut-être devenu sans le savoir mercenaire ou aubergiste.

Le Puits des Mémoires se déroule dans un univers finalement assez similaire au notre. On pourrait penser à notre époque médiévale s’il n’y avait pas quelques éléments fantastiques. Pourtant, ceux-ci ne sont pas très nombreux. Est-ce une volonté de permettre à un public pus large de s’intéresser à la fantasy ?

Pas particulièrement… même si j’aimerais beaucoup que le genre sorte un peu de son image réductrice ado-geek.
Il me semble que la richesse d’un univers tient à ses intrigues et à ses personnages, plutôt qu’au folklore. J’aurais détesté créer un monde où le lecteur a besoin d’un lexique pour s’y retrouver à chaque page… D’autant qu’écrire Zh’ak’z’halakk, c’est plus long que Karib, par exemple.

Le premier tome vient de sortir et le deuxième est attendu pour octobre 2012. Y aura-t-il davantage de magie et d’éléments fantastiques dans celui-ci ?

Disons que le voile se lèvera peu à peu sur les zones d’ombres de l’intrigue, qui sont fortement teintées de magie noire. Mais il ne faut pas s’attendre à des combats de mages montés sur des dragons, à coups de tsunamis et de pluies de météores… La magie dans ce monde est rare, c’est ce qui fait qu’elle fascine.