Le mot de l’éditeur – éditorial de janvier 2015

SCRINEO

Après les assassinats des 7, 8 et 9 janvier, qui ont touché la France au plus profond de ses valeurs, peut-on encore souhaiter une bonne année ?

Des hommes et des femmes ont été lâchement exécutés parce qu’ils étaient journalistes, policiers ou juifs.

La terreur, soigneusement entraînée sur des théâtres extérieurs, savamment disséminée sur les réseaux sociaux, consciencieusement distillée par des manipulateurs fanatiques ou calculateurs a choisi d’attaquer de front notre modèle démocratique.

Déjà une parole se libère. Il ne faut pas blasphémer dit-on, il ne faut pas provoquer les fidèles…

Telle n’est pas la loi.

Dans une démocratie, la loi reflète la volonté majoritaire tout en respectant et protégeant l’expression des minorités des lors qu’elle n’enfreint pas la loi.

Le soulèvement populaire du dimanche 11 janvier, unanime comme rarement, pacifique et déterminé est historique parce que le peuple de France a pris la parole. C’est le peuple qui a parlé dans son extrême majorité – du jamais vu depuis la libération – pour réaffirmer son attachement aux libertés fondamentales : La liberté d’expression – « nous sommes tous Charlie », la liberté de culte et la fraternité – « nous sommes tous des juifs français », la liberté de vivre ensemble – pas d’amalgame entre islam et fanatisme.

Ces valeurs ont été hurlées dimanche par le peuple français, libre et souverain. Ce fut un mouvement spontané, preuve d’un ancrage profond.

Les débats qui animent la toile montrent la méconnaissance de la loi par certaines minorités. Le blasphème n’est pas hors la loi. L’appel à la haine l’est.

Le peuple du 11 janvier a rappelé ces principes. C’est à notre tour, médias, éducation, politiques d’en faire la pédagogie.

Vaste programme, mais le cap est donné pour passer ensemble une année 2015 mobilisée.

  

Jean-Paul Arif

Editeur – Scrineo, l’éléphant