Interview de Jean-Paul Arif par le magazine Citrouille

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Interview de Jean-Paul Arif, directeur de publication chez Scrineo, par le Magazine Citrouille des librairies Sorcière.
Scrineo jeunesse fête cette année ses 5 ans ! 5 ans de vie dans l’Edition, ce n’est pas rien. Pouvez-vous nous présenter cette belle aventure ? En quelques mots, Scrineo : c’est qui ? C’est quoi ?
L’édition est une deuxième vie pour moi. Ingénieur de formation, je dirigeais une filiale d’Airbus quand j’ai décidé d’opérer un changement radical dans ma vie professionnelle.
J’ai créé les éditions Scrineo, avec une première réalisation multimédia : un jeu de piste sur téléphone, Via Temporis, assez innovant pour un produit sorti avant l’ère des smartphones. Dès 2006, nous publiions aussi nos premiers livres papier, des essais et documents, sous le label Les Carnets de l’info. Du numérique nous sommes passés au papier, nous avons suivi le chemin inverse de la tendance actuelle (il faut dire que le papier présente encore quelques avantages technologiques !)
En 2010, nous avons lancé nos premières fictions, notamment des romans pour adolescents, pour la jeunesse et des thrillers. Avec un certain succès ! Beaucoup de nos livres ont reçu des prix prestigieux, comme Les Haut Conteurs (50 000 ex.), Le Puits des mémoires (15 000 ex.), et récemment La Voie des Oracles.
Pour la fiction le label Les carnets de l’info ne convenait plus, nous avons donc utilisé le nom de la société Scrineo.
En 2013, nous avons lancé L’éléphant, la revue de culture générale qui traite de tous les domaines de la connaissance, de l’histoire, de la science, des arts, etc. La revue rencontre un certain succès et nous en tirons aujourd’hui 45 000 exemplaires.
Cette année nous avons aussi inauguré un nouveau logo qui montre bien notre positionnement et notre dualité :
Scri = les écrits – une typo plus classique pour la connaissance
Neo = nouveau – une typo un peu plus fun pour la fiction et l’émotion

En tout Scrineo c’est 8 personnes réparties entre les livres et la revue.
La Littérature Jeunesse est aujourd’hui un pôle important de votre maison. Vous semblez être attaché à mettre en avant des auteurs français, un choix qui n’est pas anodin dans une logique d’édition souvent tournée vers la traduction d’auteurs anglophones, pourquoi ce choix ?
Effectivement à partir de 2010 nous nous sommes lancés dans la fiction, surtout des romans fantastiques pour les ados. Petit à petit nous avons étendu nos publications aux plus jeunes avec des romans davantage ancrés dans le quotidien comme F.B.I. Animaux disparus, de Gérard Lecas, Les Avatars de Gaspard, de Sylvain Lignac et Louise Revoyre, mais aussi avec des romans historiques comme Les Yeux du jaguar (de Brigitte Coppin), qui a obtenu le Prix Dimoitou/Ouest-France, en 2014.
Nous sommes fiers de pouvoir dire que nous avons été des « découvreurs d’auteurs », avec Olivier Peru, Patrick Mc Spare, Marie Pavlenko, Gabriel Katz, Frédéric Staniland, Rod Marty, etc. qui ont publié chez nous leur premier roman. Puis ils ont été rejoints par des auteurs plus confirmés ce qui a consolidé notre place dans l’édition jeunesse.
Nous restons un éditeur généraliste. Cette volonté peut s’avérer compliqué en librairie, mais elle nous permet de rester libres dans le choix des textes, et exigeants en terme qualité sans être prisonnier d’un genre en particulier.
Si nous avons fait le choix de ne publier que des auteurs français, c’est que nous aimons découvrir et développer les auteurs et nous sommes très heureux lorsque nous pouvons les faire rayonner à l’international comme Les Hauts Conteurs de Patrick Mc Spare et Oliver Peru que nous avons vendu en Chine, ou Wifi-Génie, de Luc Blanvillain, vendu en Corée. Mais c’est un choix difficile car sur le marché des livres pour ados on est souvent face à des auteurs américains, déjà auréolés de succès, et adaptés au cinéma, etc. C’est une mécanique contre laquelle nous ne pouvons rivaliser qui se met en place ! Nous restons pourtant convaincus que les auteurs français ont une particularité, une « french touch » qui donne une dimension particulière aux romans de genre que ce soit en fantasy ou en jeunesse.

Vous éditez aujourd’hui une nouvelle collection, « Il était un jour », dirigée par Arthur Ténor, pouvez-vous nous en dire plus ?
Arthur Ténor est une très belle rencontre.
Il a commencé chez nous comme auteur puis il m’a proposé d’être directeur de collection. Nous avons lancé la collection « Roman d’Horreur », dans laquelle il écrit aussi, et que nous avons ouvert à de nouveaux auteurs (Fabien Clavel, Johan Heliot, Nadia Coste, etc.).
Puis, il a eu l’idée de cette nouvelle collection : des romans d’aventures sur des personnages de l’Histoire, inaugurée par des auteurs exceptionnels et des sujets très originaux, avec un fond historique très documenté.
– Lorris Murail raconte un épisode peu connu de la vie de la Comtesse de Ségur, fille du Gouverneur de Moscou, Rostopchine. Durant l’invasion Napoléonienne, celui-ci qui fit brûler Moscou, et la petite fille qu’elle était alors restera marquée par la destruction de la maison de son enfance.
– Béatrice Bottet a écrit l’histoire de Toutankhamon, pharaon adolescent face au pouvoir, aux tentatives de meurtres, et manœuvres politiques et religieuses.
– Yaël Hassan, quant à elle, relate l’histoire véridique des enfants Finaly confiés par leurs parents, déportés durant la Seconde Guerre mondiale, à une directrice de crèche. Celle-ci refusera de les rendre à leur famille à la fin de la guerre et les enfants Finaly furent cachés, ballotés, déguisés, enfermés, isolés pendant huit longues années !
– Enfin Eric Simard nous raconte l’histoire du 11ème Panchen Lama, kidnappé dans les années 90 par les autorités chinoises en désaccord avec le choix du Dalaï Lama. Aujourd’hui encore, nul ne sait ce que « ce plus jeune prisonnier politique du monde » est devenu…

 

Propos recueillis par Claire Fontanel, de la librairie Chantepages (Tulle)

Retrouvez la totalité de l’interview ici!